Cœur Sauvage
D’abord tu étais pur, imprudent,
Aussi bien tendre, sans trace de maquillage, heureux comme le visage de chaque petit enfant dans lequel tu vis
Ton innocence était immaculée, infinie comme le premier amour,
Si extravagante, comme l’odeur des fleurs des champs
Mais, aujourd'hui tout le monde détourne les yeux
Les enfants marchent guidés par des idéologies hypocrites Sans parler, sans regarder, ils brûlent d’envie de survivre
Parce que la guerre les invite à continuer
Il n’y a pas d’espace pour les sentiments
Tout est interdit, le cœur se tait, en palpitant, furieux
La violence attaque, les remords se calment
Ils sont perdus, seules les statistiques les sauvent,
Entre-temps ils combattent
De quel côté ? Droit ? Gauche ?
Cela n’importe pas, parce que la raison est la même
La lutte a débarrassé ces petits rêves
La faim, l’abus, l’abandon sont leur pain de ce jour
Je te cherche aujourd’hui
Comme la première fois que je t’ai trouvée
Avec l’émotion dans chaque parole, paisible, sans engagement
Les idées découlent rapidement dans ma tête courageuse
C’était l’idéalisme immaculé de la jeunesse
Je ne pensais jamais à la trahison
Pourquoi ? Si je te fais confiance comme un amant fidèle
Et tu étais disponible entre toutes mes lignes
Seulement l’imagination était ton ennemie
Mais un jour l’inévitable est arrivé
La censure a tué l’harmonie sans préméditation
Doucement, comme une caresse nécessaire pour l’amour
Sans défense parce que la violence la déforme
Et tout le monde l’acceptait, comme un hôte privilégié
Quelle beauté! C’était l’excuse parfaite
Je n’avais même pas protesté
Pourtant je me suis habituée à sa présence
Jusqu'à en être emprisonnée par son charme
Les années passent, la frustration grandit
Comme si un univers magique se transformait
En laissant rage et confusion
Le temps s’est arrêté, l’inspiration s’est fanée
Seuls les mots esclaves survivent
Quelqu’un pourra-t-il les sauver de cet esclavage ?
Tu n’es pas la même que j’avais connue
Très arrogante, inébranlable,
Froide, méticuleuse, avec ton menton élevé,
Comme quelqu'un qui ne doit rien
Ta peau lisse sans sentiment
Se pourrit maintenant
Tu ne peux pas le cacher
Et je te regarde en secret
Tu as tellement de sang
Que tes victimes te réclament
Mais tu n’écoutes rien
Tu as perdu ta sensibilité
L’animosité t’a blessée mortellement
Chez nous, la terre s’ouvre,
S’écoutent des cris des corps démembrés,
Les innocents qui demandent une mort digne
Et ces mères inconsolables, sans le droit de pleurer,
Contemplent ces cœurs brisés en attendant le pire
Ces hommes vont trop loin
Pour préserver le pouvoir
La violence les alimentent, les excitent
Malgré cela, ils se perçoivent comme les vrais libérateurs
La lutte n’est jamais terminée
Entre-temps que fais-tu ?
Ta volonté est souillée
Tu es une simple illusion maudite qui n’existe pas
Mieux vaut souffrir dans la solitude
Patience, quelle vertu incroyable
Elle arrive, elle part comme le vent
Tranquille, mais inaccessible
Sans visage, sans peur, sans douleur
Si seulement je pouvais l’avoir
Mes jours seraient plaisants
Mon esprit flotterait dans mon corps
Il n’y aurait pas d’espace pour le désespoir
Mes pensées fuyaient prématurément
Sans laisser de traces
Nonobstant, le futur se moque
Le passé s’incruste
Le présent annonce jusqu’ à des petits moments d’espérance
Pas de changement…
Peut-être que toutes les batailles sont inutiles
Que la vie ne coûte rien
Parce que des frustrations apparaissent meilleures que des réussites
A la fin, le destin dira qui sera le gagnant
Ce n’est pas nécessaire ni de souffrir ni de s’inquiéter,
Puis la patience est docile et sauvage
Impossible de plaire…
Il faut l’attendre !
© 2011 Natalia Gnecoo. All Rights Reserved. Powered by Ideas Fan.